Atelier remède traditionnel: Vinaigre des quatre voleurs

par | 10/10/2024

Un remède de 1721 pour se préserver d’un temps de peste à Toulouse et inscrit au codex de la pharmacopée française en 1748. Macération de plantes aromatiques et épices dans du vinaigre.

Au Moyen âge, lors d’une épidémie de peste à Toulouse, quatre voleurs profitent de l’occasion pour détrousser les cadavres. Ils se seraient protégés de la maladie grâce à l’usage quotidien d’un vinaigre aux herbes. Bien que la légende et la recette fluctuent, une recette a été inscrite au Codex de la Pharmacopée française, comme vinaigre médicinal, en 1748. De nos jours, ce vinaigre est toujours utilisé et commercialisé.

 

Extrait d’un texte des archives départementales de l’Aude :

« 1721 Remède préservatif pour la peste, et fièvres malignes, dit vinaigre des quatre voleurs.Il est ainsi dit, a cause que dans un temps de peste, a Toulouse quatre voleurs se meloint parmy les pestiferés et pilloint impunement dans les maisons infectes sans prendre le mal, lesquels voleurs ayant été pris et condamnés declarerent le preservatif suivant. Prenés deux pots de bon vinaigre dans lesquels il faut mettre une poignée de rüe, autant de sauge, autant de menthe, autant de romarin, autant de lavande autrement dit aspic, autant de petit absynthe, autant de marjolaine, faites infuser le tout pendant huit jours sur des cendres chaudes ou au soleil, coulés ladite liqueur en exprimant les herbes, faites y fondre ensuitte une once de canfre, ce que vous garderés dans une bouteille.

De cela il faut s’en frotter les temples, les narines et en rincer la bouche tous les jours »

 

Remarque :

Le vinaigre médicinal est généralement adapté aux plantes riches en minéraux (avoine, prêle, luzerne, ortie…) et aux plantes riches en alcaloïdes (agripaume, fumeterre…).

 

Une recette domestique du vinaigre des 4 voleurs :

Mélange de plantes sèches bio :

cuillère à soupe : càs

cuillère à café : càc

– 20 g (ou1 grosse càs) de feuilles de romarin, Rosmarinus officinalis

15 g de feuilles de thym vulgaire, Thymus vulgaris

15 g de fleurs de lavande vraie, Lavandula angustifolia

15 g de feuilles de menthe poivrée, Mentha piperita 

15 g de feuilles de sauge officinale, Salvia officinalis

2 bâtons de cannelle, Cinnamomum zeylanicum  

10 clous de girofle, Eugenia caryophyllus

± 2 gousses d’ail écrasées, Allium sativum

1L de vinaigre de cidre Bio

 

Conseil de fabrication :

Nettoyez, en amont, le plan de travail et tous les instruments servant à la fabrication avec de l’alcool à 70%, puis laissez sécher à l’air libre ou essuyez. 

Lavez-vous les mains et coupez les plantes sèches en petits morceaux à l’aide de ciseaux.

Dans un pot d’1L propre (préalablement ébouillanté) et sec, ajoutez le mélange de plantes et le recouvrir de vinaigre de cidre. Fermez avec un couvercle en plastique.

Laissez macérer à l’abri de la lumière 21 jours en l’agitant de temps en temps.

Vérifiez que les plantes soient bien recouvertes de vinaigre, sinon en rajouter.

Dernière étape, à l’aide d’un linge propre, d’une passoire et d’un saladier, filtrez & pressez la préparation pour recueillir seulement le liquide. Afin d’obtenir un vinaigre médicinal parfaitement limpide, procédez à une deuxième filtration avec un filtre à café brun non traité.

Pensez à bien étiqueter votre bouteille.

Un vinaigre médicinal se conserve avec un bouchon bien fermé, au frais, à l’abri de la lumière et de l’humidité pendant 1 à 2 ans.

 

Précautions d’usages :

Pour les adultes seulement. Ne pas utiliser chez la femme enceinte et allaitante, les personnes avec antécédent de cancer hormono-dépendant, les personnes souffrant de maladies cardiaques, les personnes sous traitements anticoagulants ou antidiabétiques oraux, les sujets fragiles et épileptiques. Ne pas utiliser en cas de d’obstruction des voies biliaires, de calculs rénaux et d’insuffisance rénale.

 

Propriétés :  Booster vos défenses naturelles.

Le Vinaigre des 4 Voleurs est réputé pour ses vertus dépuratives, détoxifiantes, dynamisantes et antiparasitaires.

Il renforce les défenses immunitaires, aide à lutter contre les affections contagieuses, et protège les voies respiratoires.

En bain de bouche, il soulage les aphtes, gingivites et mycoses.

En gargarisme, il est utilisé pour soulager les maux de gorge et en inhalation, pour dégager les voies respiratoires.

Par voie externe, il désinfecte, atténue les douleurs articulaires, diminue les démangeaisons, la sécheresse de la peau et calme les piqûres d’insectes. En friction sur le cuir chevelu, il éloigne les poux.

 

Usages :

Diluez dans de l’eau, 1 càs par jour en prévention des affections hivernales, ou 2 càs par jour pour une action plus forte. Ne pas dépasser une cure de 10 jours d’affilée.

Pour amplifier ses bienfaits : l’infusion immunité.

Dans une tasse, placez 1 belle tranche de gingembre frais, versez de l’eau bouillante et laissez infuser à couvert pendant 5 min. Rajoutez 1 càs de vinaigre, le jus d’un 1/2 citron et du miel. Remuez puis boire tiède.

Shootersanté : Mélangez 1 càs (15 ml) de vinaigre des quatre voleurs, 1 càc d’eau et 1 càc de miel. 

Switchel des quatre voleurs : Mélangez 60 ml de vinaigre des quatre voleurs, 500 ml d’eau plate ou pétillante, du jus d’un citron et du sirop d’érable.

Pour aller un peu plus loin, cette concentration critique correspond à la dose considérée comme sans effet nocif observé chez l’adulte. Les auteurs de l’étude d’Engström et al. (2011) précisent toutefois que ce choix repose sur un niveau de confiance qualifié de « moyen ».

Cette précision soulève naturellement une question : dans la mesure où ce seuil repose principalement sur une étude ciblée sur les risques osseux et présentant un niveau de confiance intermédiaire, peut-on considérer qu’il reflète pleinement l’ensemble des risques sanitaires potentiellement associés au cadmium ? Cette interrogation mérite d’être prise en considération au regard des connaissances scientifiques actuelles.

3. Les sols français et la question des engrais phosphatés

La quasi-totalité des engrais phosphatés utilisés en France est importée de régions dont les gisements sont naturellement riches en cadmium. Pendant de nombreuses années, des considérations économiques et géopolitiques ont freiné l’adoption de normes plus strictes.

Le 3 juin 2026, l’Assemblée nationale a adopté une proposition de loi visant à réduire les risques sanitaires liés à la contamination alimentaire par le cadmium. Celle-ci prévoit une diminution progressive des teneurs autorisées dans les engrais phosphatés :

  • à compter du 1er janvier 2027 : 40 mg de cadmium/kg ;
  • à compter du 1er janvier 2030 : 20 mg de cadmium/kg.

Cette évolution constitue une avancée, mais elle reste nuancée. Plusieurs pays européens, notamment la Hongrie, la Slovaquie et la Finlande, appliquent déjà une limite de 20 mg/kg.

Selon les estimations relayées par l’ANSES, même en appliquant immédiatement la recommandation d’un seuil de 20 mg de cadmium/kg, il faudrait un siècle pour obtenir une réduction significative de l’imprégnation de la population française. Autrement dit, cette mesure permettrait surtout de limiter l’aggravation du phénomène.

La situation française apparaît d’ailleurs particulièrement préoccupante : les niveaux d’imprégnation observés sont nettement supérieurs à ceux rapportés chez les populations allemande ou américaine, dont les concentrations sont estimées trois à quatre fois plus faibles.

4. Des risques pour la santé aujourd’hui identifiés

Les effets potentiels du cadmium sont multiples et s’expliqueraient notamment par un important stress oxydatif.

The effect of cadmium toxicity Genchi et al 2020

 

Les travaux scientifiques évoquent notamment :

  • des liens avec certains cancers (poumon, rein, pancréas) ainsi que des associations possibles avec les cancers du sein, de la prostate, de l’endomètre, de la vessie et probablement de la thyroïde ;

  • une altération du système immunitaire ;

  • une activité de perturbateur endocrinien à effet œstrogénique ;

  • un risque accru d’ostéoporose et de fractures ;

  • une toxicité rénale pouvant apparaître dès de faibles niveaux d’exposition ;

  • une augmentation du risque cardiovasculaire, y compris à des concentrations parfois inférieures aux seuils réglementaires ;

  • une altération potentielle de la fertilité et du développement fœtal ;

  • un possible rôle dans l’insulinorésistance et le diabète de type 2 ;

  • des phénomènes inflammatoires au niveau hépatique.

 

5. Les principales sources de contamination

Le cadmium est présent dans l’environnement du fait du lessivage des sols, de certaines activités industrielles et de l’utilisation d’engrais phosphatés.

L’exposition se fait principalement par l’air, mais également par l’alimentation, l’eau potable et, plus rarement, par voie cutanée ( maladie Itai Itai ).

Du point de vue alimentaire, les principaux contributeurs sont :

  • le pain et les produits de panification ;
  • les pâtes ;
  • les pommes de terre et leurs dérivés ;
  • les épinards ;
  • les crustacés, les mollusques, les algues
  • Les abats
  • certaines céréales du petit-déjeuner chez les enfants.

Le tabac constitue également un facteur majeur de surexposition.

6. Quelques leviers de prévention

Sans pouvoir supprimer totalement l’exposition au cadmium, certaines mesures peuvent contribuer à la limiter.

Sur le plan alimentaire

Privilégier, lorsque cela est possible, des produits issus de l’agriculture biologique, qui présentent en moyenne des teneurs plus faibles en cadmium du fait de l’absence d’usage d’engrais phosphatés de synthèse. Il peut également être pertinent de modérer la consommation de certaines céréales non biologiques et des pommes de terre.

Sur le plan micronutritionnel

Le statut nutritionnel joue un rôle important dans l’absorption du cadmium :

  • Le fer : une carence peut multiplier jusqu’à quatre fois l’absorption digestive du cadmium.
  • Le zinc : il participe à la synthèse des métallothionéines, protéines capables de fixer le cadmium et de limiter sa toxicité.

D’autres nutriments, notamment le cuivre et la vitamine B6, méritent également une attention particulière dans le maintien d’un bon équilibre nutritionnel.

Cadmium : Comprendre son exposition pour mieux agir

La surexposition au cadmium constitue aujourd’hui un véritable enjeu de santé publique. Même s’il est impossible d’éviter totalement ce contaminant présent dans notre environnement, il existe des leviers concrets permettant de limiter son exposition et de soutenir les mécanismes naturels de protection de l’organisme.

L’alimentation, l’équilibre micronutritionnel et l’identification d’éventuelles carences, sont des éléments essentiels à prendre en compte dans une démarche globale de prévention.

En tant que praticienne en herboristerie et conseil en naturopathie, je vous accompagne dans l’évaluation de vos habitudes de vie afin d’identifier les facteurs susceptibles de favoriser une exposition accrue aux métaux lourds et de mettre en place des solutions personnalisées adaptées à votre situation.

Si vous souhaitez bénéficier d’un accompagnement individualisé, je vous accueille au cabinet à Castelnau-le-Lez à deux pas de Montpellier, ou en consultation à distance.

Prendre rendez-vous permet de faire le point sur votre terrain, votre équilibre nutritionnel et vos besoins spécifiques afin de construire ensemble une stratégie de prévention durable et adaptée à votre quotidien.

Sources documentaires :

  • Fillol C., Garnier R., Falq G., Bidondo M.-L., Guldner L., Zeghnoun A. Exposition de la population française aux substances chimiques de l’environnement – Étude ENNS 2006–2007
  • Guldner L., et al. Exposition de la population française aux métaux et métalloïdes en 2014-2016 PMID : 38579993
  • Conférence Nationale des URPS Médecins Libéraux : https://youtu.be/VmpFx9f6wp0?si=LcIXFFblQFFtjDLE
  • EAT 2 2011 : https://www.anses.fr/system/files/PASER2006sa0361Ra1.pdf
  • rapport-assemblée-nationale
  • Les effets de la toxicité du cadmium, mai 2020 Genchi et Al  
  • RAPPORT d’expertise collective ANSES 2017
  • Assemblee-nationale-avril-2026-Réduire les risques sanitaires liés aux contaminations au cadmium dans l’alimentation
  • Ministère agriculture mai 2026 effets-previsibles-dun-abaissement-de-la-teneur-en-cadmium-des-engrais-phosphates-et-des-boues
  • Peana M, Pelucelli A, Chasapis CT, Perlepes SP, Bekiari V, Medici S, Zoroddu MA. Biological Effects of Human Exposure to Environmental Cadmium. Biomolecules. 2022 Dec 24;13(1):36. doi: 10.3390/biom13010036. PMID: 36671421; PMCID: PMC9855641.
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